Nous voulons des coquelicots

Ce soir je vous parle sauvegarde de la Planète. Ici pas de grands mots ni des remontrances juste cette impression d’urgence.

Un appel a été lancé et sincèrement il me tient à coeur. Je ne suis pas de ces personnes qui s’engagent mais là c’est l’occasion d’agir parce qu’il n’y aura pas de seconde chance.
C’est une initiative citoyenne, humaine avant toute autre chose.

Avant de vous mettre les liens pour que vous puissiez faire votre propre opinion, je vais vous raconter l’histoire de ma prise de conscience.

Je suis née à la fin des années 70 en Bretagne. L’Amocco venait de s’échouer sur les rivages et déverser ce sang noir et gluant sur nos plages. J’ai grandi dans un climat de souillure, de pollution de la Nature pour quelques dollars de plus sur le compte d’un gros industriel américain.
Pour l’anecdote, je suis une experte pour trouver des boulettes de mazout sur les plages… l’expérience fait tout. Les dégazages sont toujours bien actifs.

La détérioration des écosystèmes ne se fait pas en un jour, cela prend des années. Ces « accidents » accélèrent la donne mais ils ne sont en soi que la partie émerger de l’iceberg.

Concrètement moi j’ai vu des espèces disparaître ni plus ni moins de mon rivage.
Etant gamine, j’adorais jouer dans les marres laissées dans les rochers alors que la mer se retire. C’était fascinant. Ces marres abritaient une faune incroyable. Je m’amusais à toucher les anémones de mer, à essayer d’attraper les petites crevettes pour les relâcher, à soulever les rochers pour voir les crabes, je me souviens même de manipuler des étoiles de mer ou encore de mon père cherchant des ormeaux, des étrilles, des tourteaux.
Cela fait bien longtemps que tout cela n’est plus. Aujourd’hui à chaque fois que je me penche sur une marre dans les rochers, j’ai juste envie de pleurer face au désert que j’y vois.
Il y a encore moins de vingt ans mon père allait pêcher à la roche en bord de mer, c’est à dire qu’il pêchait comme s’il était au bord d’une rivière. J’ai eu la chance de manger du maquereau, du bar délicieux. Malheureusement, très vite sa canne à pêche revenait bredouille. En l’espace de cinq ans, plus rien.

Dans le même temps je vois la mer grignoter toujours un peu plus les falaises. La montée des eaux je la voie depuis près de trente ans maintenant. Ce n’est pas une fadaise, c’est une réalité.

Si la Bretagne est profondément marquée depuis quarante ans par des catastrophes écologiques maritimes et en fait l’une des régions les plus avant-gardistes dans la lutte dans ce domaine, elle est aussi une terre agricole… intense.

Les pesticides sont mon quotidien. Je les ai vu souiller mes plages avec ces satanées algues vertes qui vous changent une plage en champ de salade en l’espace d’une marée. Quand elles sèchent au soleil, une forte odeur vous fait suffoquer. Il y a de nombreuses plages sur lesquelles je n’ai pas mis les pieds depuis vingt ans parce qu’elles sont devenues infréquentables… alors qu’elles se situent près d’une réserve naturelle pour les oiseaux !

Les pesticides sont mon quotidien parce que je les respire. J’habite dans un endroit citadin où il existe encore de nombreuses terres agricoles. D’un côté des céréaliers, de l’autre un maraîcher. Je connais ces terres depuis mon enfance. J’y ai vu de l’élevage, des cultures variées mais cela c’était avant.
Aujourd’hui la terre agonise, elle est devenue grise, terne. A longueur d’années, elle est surexploitée, elle n’est jamais au repos. Des tonnes de produits sont vaporisés… à côté des maisons, de ma maison. Souvent, je ne peux même pas ouvrir les fenêtres tellement l’odeur est suffocante. Quand je sors mon chien, je suis souvent obligée de mettre un mouchoir sur ma bouche pour pouvoir respirer !!
Dans ces champs je vois des poireaux, des courges, du blé, de l’orge, du maïs, des salades, des choux… Ces derniers sont sortis de leur godet et juste posés sur la terre pour être ensuite aspergés de produits pour accélérer leur croissance pour ensuite être aspergés de pesticides et autres.
Les douves longeant ces champs sont remplies d’algues vertes quand les épandages se font.
Et je ne parle même pas des épandages de merde de cochons ! Et oui j’ai l’extrême chance de vivre dans le pays du cochon et toute la pollution que cela implique.
Il y a un peu plus de vingt ans il y avait déjà des alertes concernant l’incapacité des producteurs de porcs à pouvoir trouver assez de terres pour épandre toute la merde émise par leurs cochons.

Au quotidien c’est aussi le constat de la disparition des insectes volants. Cette année est pour moi une catastrophe. Dans mon jardin j’ai plein de plantes, de fleurs, forcément un joli royaume pour les bourdons, les abeilles, les guêpes, les coccinelles, les papillons et tant d’autres. Cette année rien ou presque. Un vide total, une panique. Je me suis même mise à compter combien j’en croisais dans une journée.

Tous les jours je fais un constat de plus en plus terrible sur le devenir de la Nature. Mais quoi faire ? J’ai l’impression d’une impuissance face à l’ampleur du désastre.
Alors je me rassure en me disant que j’essaie de faire de mon jardin un havre de paix pour tous les êtres vivants qui m’entourent. Je change mes modes de consommation.
Cependant, je ressens un besoin d’engagement plus profond certainement pour me sentir moins seule et moins défaitiste.

Voilà pourquoi ce soir, je vous propose de lire cet appel d’humains envers d’autres humains parce que le monde appartient à tous et qu’il est de plus en plus évident qu’une grande majorité d’humains souhaitent les changements nécessaires au contraire de seulement quelqu’uns qui ne pensent qu’à l’argent, leur argent.

coquelicotsa

Voici d’autres articles très intéressant pour enfin nous dire que c’est maintenant ou jamais.

Le Monde – Mort de Fabian Tomasi

« La survie de notre monde vivant doit passer avant le développement économique »

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