La fabrique de filles

Récemment j’ai lu deux livres intéressant : « La fabrique de filles » de Laure Mistral et « Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale » de Titiou Lecoq.

collage

Si ces livres sont de facture bien différente il n’en demeure pas moins que leurs auteurs parlent d’un même sujet : comment la société fabrique des filles, des femmes avec pour incidence majeure l’inégalité.

Ce sujet m’intéresse beaucoup. C’est un questionnement qui me poursuit depuis quelques années maintenant. Si l’avancée de la condition féminine est évidente il reste encore un très long chemin à parcourir pour qu’être une femme ne soit plus considéré comme exclusif de la vie sociale.

La première et peut-être la seule question à se poser est : qu’est-ce que c’est qu’être une femme ?

Quand on commence à gratter la surface, il est claire que c’est une construction sociale. Quand je suis née femme, je ne suis pas née plus faible, je ne suis pas née plus sage, je ne suis pas née plus apte à faire plusieurs choses à la fois, je ne suis pas née plus empathique, je ne suis pas née plus discrète, je ne suis pas née aimant le maquillage / les chaussures/ les vêtements, je ne suis pas née plus fragile, je ne suis pas née impure.
Tous ces stéréotypes que la société colle au fait d’être une femme, c’est la société qui les a créé. D’ailleurs nous pouvons faire le même état des lieux pour les hommes, par exemple ils ne sont pas nés aimant se battre, ils ne sont pas nés plus brutaux, ils ne sont pas nés mono tâche…

Le plus bel exemple de ce formatage c’est l’attribution d’une couleur en fonction du sexe. Aujourd’hui c’est rose pour les filles et bleu pour les garçons. Ironiquement c’était l’inverse il y a à peine un siècle !
Mais rien que cette petite association peut provoquer d’énormes dégâts surtout chez les garçons parce que s’il est toléré qu’une petite fille porte du bleu, le rose porté par des petits garçons, c’est impensable ! Pourquoi ? Tout simplement parce que la valeur donnée à une fille est négative. La petite fille peut se prendre pour un garçon, c’est valorisant ; le petit garçon ne peut pas se prendre pour une fille parce que c’est dégradant.

Autre exemple qui me choque énormément : l’espace public.
Faites ce test dans votre lieu de résidence. Vous allez comptabiliser le nombre d’espaces où les garçons peuvent jouer, peuvent s’exprimer à l’extérieur de chez eux sans avoir forcément un parent avec eux. Faites ensuite la même chose pour le filles.
Quel est le résultat ? L’espace public dédié aux filles est quasiment nul. Et cela ne s’arrange pas avec l’âge.
Il est alors plus facile de comprendre pourquoi en tant que fille nous pouvons avoir peur de sortir seule, le soir notamment. Dès que nous sommes à l’extérieur de notre domicile, l’espace est occupé majoritairement par et créé pour les hommes. Cet espace nous est étranger. Comment se sentir en sécurité ? Ajoutez à cela les injonctions sociétales du type : une fille ne sort pas seule le soir. L’envie de sortir est presqu’ anéantie. Les femmes se retrouvent cloîtrer chez elle, le seul et unique endroit qu’elles connaissent, qu’elles maîtrisent.

Qu’on le veuille ou non, l’inégalité perdurera tant que nous ne changerons pas notre façon d’éduquer les enfants. Dès la naissance on apprend à un garçon à s’exprimer, à courir, à jouer dehors, à se confronter au monde… Tandis qu’à une fille on lui dit d’être douce, d’être à l’écoute des autres, d’être discrète, de ne pas élever la voix, d’être une princesse…

Certains vous diront que ces différences sont naturelles. Bien sûr que non ! Je vous en ai donné quelques preuves. Si ces personnes insistent qu’elles me prouvent qu’en élevant une fille et un garçon de la même façon cela forme des êtres totalement différents.

Avoir un vagin ou un pénis ne fait pas de vous une femme ou un homme, cela fait de vous un être humain avec une différence physique qui n’est utile que pour la reproduction de l’espèce. Cela ne fait aucunement la personne que vous êtes.

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille vivement les deux livres que je vous ai cité plus haut. Vous y trouverez des informations édifiantes.

ET n’oubliez pas, soyez juste VOUS.


For the english readers, I talk about two french books about how the society creates girls.
To be a woman or a man it’s not a natural thing it’s how the society tells us how to be. When you think of the colors : pink for the girl, blue for the boys, it’s a societal construction. One century ago, pink was for the boy and blue for the girl… There is many other examples like this. At home, in school we learn to the boys to play outside, to confront to the world… to the girls we learn to be discreet, to be pretty, to stay inside… We say to a girl : don’t go outside alone. Do you say the same thing to a boy ? Even when they grow. If a woman go outside alone, she can’t be a « good » woman, and what do you think about a man ?
Every things in our societies are made to give us a role. It’s not a natural law. If you think to this, you’ll see the physical differences between a woman and a man are only for the reproduction. They don’t make what you are.

 

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