Marilyn, une femme

(For the english readers see at the end of the article).

Depuis quelques temps je m’interroge beaucoup sur la vision très masculine qui existe depuis toujours de Marilyn Monroe.
Je crois que cela a vraiment commencé lorsque j’ai relu le livre « Marilyn, inconnue » de Gloria Steinem avec les photos de George Barris.

De son vivant, pas d’étonnement, nous sommes au lendemain de la seconde guerre mondiale. Les femmes durant cette guerre ont commencé à prendre en main leur liberté mais le retour des hommes va frapper comme une fin dure et âpre.
Les hommes relèguent à nouveau la femme dans le rôle qu’ils veulent lui asséner de femme au foyer et de mère. Le plus des années 50 sera le leimotiv : « sois belle et tais toi ».
Le sexisme est roi, beaucoup n’y voit rien à redire.

Dans ce contexte, les femmes restent cloitrées et n’osent s’exprimer sur leur vie réelle, pas celle imaginaire que les hommes créent souvent dans leurs films, leurs romans, leurs histoires, mais bien de leur vraie vie de femme : la sexualité, les règles, les grossesses, les avortements… tout ce qui se passe à l’intérieur d’elle-même.
Par conséquent bon nombre de sujets liés à la vie des femmes a été mis de côté jusqu’à aujourd’hui encore.

Pour en revenir à Marilyn, je m’aperçois que les idées souvent véhiculées à son propos entrent dans ce contexte d’idéalisation de la vie de la femme.
Les personnes qui parlent de Marilyn depuis sa mort sont des hommes. Marilyn n’étant plus là pour leur clouer le bec, ils fantasment à outrance. Le plus bel exemple pour moi est Norman Mailer (tiens, je devrais le relire), mais ceci est un sujet en lui-même.

Très récemment, une hypothèse très sérieuse prend de l’ampleur : Marilyn était atteinte d’endométriose. Ce constat médical simple fait la lumière sur bien des comportements de la star.
Tout à coup sa dépendance aux barbituriques prend tout son sens. Point de problèmes psychologiques majeurs, point de névroses, juste une lutte inégale avec les douleurs provoquées par cette maladie que nous commençons péniblement à détailler.
NB : cela me fait penser que si cela avait été une maladie masculine, le sujet aurait été abordé depuis bien longtemps par les scientifiques !
Ses absences sur les plateaux, ses changements d’humeur… Bien évidemment tout n’est pas imputable à cette maladie mais cela explique beaucoup de choses surtout si vous vous mettez dans le contexte de l’époque !! Sûr qu’il y avait de quoi déprimer !

Et là tout ce qui a été dit sur Marilyn depuis sa mort prend une autre dimension. Quel regard a été porté sur elle depuis 1962 ? Un regard masculin.
Je ne jette pas la pierre sur ces hommes dont certains ont fait des travaux extraordinaires, je dis simplement que vous ne pouvez pas parler de choses que vous ne connaissez pas. Ce qui se passe dans le corps d’une femme est tout simplement inexplicable pour celui qui ne le vit pas parce que cela provoque de nombreux bouleversements.
Avoir ses règles chamboulent beaucoup de choses en vous. Personnellement je dis à mon mari que les douleurs provoquées à ce moment là vous les échangeriez bien contre un lumbago, une jambe cassée, une tendinite… Dans mon cas, je n’ai pas cette maladie et grand merci, j’ai rarement des grosses douleurs mais quand ça arrive, j’aimerai mieux mourir. C’est l’enfer sur terre !
Les hommes reprochent souvent aux femmes ce moment du mois parce que nous « changeons ». C’est vrai, notre corps se métamorphose et par conséquent beaucoup de chamboulements chimiques ont lieu en nous.
J’ai une petite question à poser à ces rabats joie : comment vous comporteriez-vous si une fois par mois vous perdiez tout ce sang ? Et comment réagiriez-vous avec des douleurs atroces ?

Maintenant, repensez à Marilyn Monroe sur un tournage. Parce qu’en tant que femme, il y a une question que je me suis toujours posée : comment toutes ces actrices faisaient pour conjuguer leurs règles et les scènes qu’elles devaient tourner ? Est-ce que les studios pensaient à cela ? Peut-être leur demandaient-ils quand leurs règles tombaient dans le mois avant de faire les plannings de tournage surtout en tenue sexy.
Pourtant, je pense bien souvent que les dirigeants des studios en avaient rien à foutre.
Que de tracas pour une actrice… et que penser quand cette même actrice souffrait d’une maladie aussi handicapante que l’endométriose ?

Je ne sais pas si cette réflexion vous parle, moi je trouve cela de plus en plus passionnant à étudier : en tant que femme, quel regard je porte sur Marilyn ?

Concernant l’endométriose de Marilyn, vous pouvez lire cet article en ligne très intéressant : « cheek ».


For the english readers, I’m going to try to make a résumé.

Since few months, I have a problem with the masculine vision we have about Marilyn Monroe. I think I have this reflexion when i’ve read again the book « Marilyn-Norma Jeane » by Gloria Steinem with the photos of George Barris.

This vision is ok when we think about Marilyn when she was alive.
We were at the end of the world war two. The women found freedom in this hard days but whith the end, they had to go back home with the children. Men are back and they want to find the society they left… It was very hard for women but they had no choice. So sexism came back and nobody said nothing…

Women can’t talk about their real lives not the one men think they have. We can see their vision in the movies, the novels they made. They write histories aren’t the reality.
Women can’t talk about their sexuality, their pregnancies, their pain when they have one’s period… The true life of women is under estimated until today for many things.

When I think to Marilyn, I can see all the stories write about her have this masculin vision : they idealize the women’s life.
After her death she can’t answer so they write everything they want. The fantasies are everywhere. The best example for me it’s Norman Mailer.

Recently a new hypothesis about Marilyn is growing : she had endometriosis. This medical official statement gives some lights about the life of Marilyn.
For women to have their one’s period can be hell on earth. So you can understand why she had to take many barbiturics, why she was late, why she was confused…
Can you imagine how it was hard for her to go to work with that kind of pain ? And it was harder when you think we were in the fiftie’s !!!
I often think about all those actresses they had to go to work when they had their one’s period and more when they had to wear sexy clothes. Do you think Studios took care of her in this moments ? I don’t beleived it.

So when you think about all those stories that they were written after her death, you can see they never talk about the real life of women. Men are with their own fantasies about women’s life. (I have to say not all but many).
Men can’t write about women because they can’t understand what it is to be a woman.
Women undergo changes in their own body each month. It’s really hard because it’s chemical changes. And when it hurts is more than difficult to be like every day.

I don’t know what you think about this reflexion. For me is very important and exciting because I ask me : how do you see Marilyn with your woman’s eyes ?

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Une réflexion sur “Marilyn, une femme

  1. Pingback: La maladie taboue – Crazy for you

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